Leçon 3 — Étudier les figures d’analogie et de substitution | Français Seconde A et C
Leçon 3 : Les figures de style ou de rhétorique
1. Objectifs
À la fin de ce cours, l’élève doit pouvoir reconnaître les principales figures d’analogie et de substitution, expliquer leur fonctionnement et interpréter leur effet dans un texte.
2. Qu’est-ce qu’une figure de style ?
Une figure de style est un procédé d’expression qui donne plus de force, d’originalité ou d’expressivité à un message. Pour l’analyser, il faut nommer la figure, relever les mots concernés et expliquer l’effet produit dans le contexte.
3. Les figures d’analogie
Elles rapprochent deux réalités afin de faire apparaître une ressemblance ou de rendre une idée plus imagée.
- La comparaison : rapproche deux éléments à l’aide d’un outil comparatif (comme, tel, semblable à, pareil à). Exemple : « Ses yeux brillent comme des étoiles. »
- La métaphore : établit une comparaison sans outil comparatif. Exemple : « Ses yeux sont des étoiles. »
- La personnification : attribue des caractéristiques humaines à un animal, un objet ou une idée. Exemple : « Le vent gémit dans la nuit. »
- L’allégorie : représente une idée abstraite sous une forme concrète, souvent personnifiée. Exemple : « La Justice, les yeux bandés, tient une balance. »
4. Les figures de substitution
Elles remplacent une expression par une autre, selon un lien de sens ou une relation de proximité.
- La métonymie : remplace un terme par un autre qui lui est lié. Exemple : « Lire un Victor Hugo » signifie lire une œuvre de Victor Hugo ; « boire un verre » désigne le contenu du verre.
- La synecdoque : désigne le tout par une partie ou la partie par le tout. Exemple : « Cent voiles approchaient » pour désigner cent bateaux.
- La périphrase : remplace un mot par une expression descriptive. Exemple : « le roi des animaux » pour le lion.
5. Comment les distinguer ?
La comparaison utilise un outil comparatif ; la métaphore n’en utilise pas. La personnification humanise une réalité non humaine ; l’allégorie développe ou incarne une idée abstraite. La métonymie repose sur un lien logique de proximité ; la synecdoque sur un rapport entre la partie et le tout ; la périphrase décrit une réalité sans la nommer directement.
6. Méthode d’analyse
- Repérer l’expression imagée ou le remplacement.
- Identifier les deux réalités rapprochées ou le lien de substitution.
- Nommer la figure de style.
- Expliquer l’image créée et l’effet recherché : rendre une idée concrète, valoriser, dramatiser, éviter une répétition ou attirer l’attention.
7. Exercices
Exercice 1. Identifiez la figure : a) « Il est rusé comme un renard. » b) « Cette femme est un soleil. » c) « La ville s’éveille. » d) « J’ai lu un roman de Kourouma » remplacé par « J’ai lu un Kourouma ». e) « La capitale politique » pour désigner une ville précise. f) « Les voiles sont à l’horizon. » pour désigner les bateaux.
Exercice 2. Expliquez la différence entre une métaphore et une comparaison, puis donnez un exemple de chacune.
Exercice 3. Dans « La Justice avance lentement, sa balance à la main », expliquez comment une idée abstraite est rendue visible.
8. Corrigés
Exercice 1. a) comparaison ; b) métaphore ; c) personnification ; d) métonymie (l’auteur pour son œuvre) ; e) périphrase si l’expression descriptive remplace le nom de la ville ; f) synecdoque ou métonymie selon l’analyse du rapport voile/bateau, la synecdoque étant l’interprétation attendue ici.
Exercice 2. La comparaison comporte un outil comparatif : « rapide comme l’éclair ». La métaphore rapproche directement les éléments : « C’est un éclair ».
Exercice 3. La Justice est personnifiée et représentée sous une forme concrète, ce qui rapproche le lecteur d’une notion abstraite ; l’image de la balance évoque le jugement.
À retenir
Les figures d’analogie créent des rapprochements imagés. Les figures de substitution désignent une réalité par un terme ou une expression qui lui est lié. Il faut toujours expliquer l’effet de la figure dans son contexte.




