Leçon 3 — Étudier les figures d’opposition et de construction | Français Seconde A et C
Leçon 3 : Les figures de style ou de rhétorique
1. Objectifs
Identifier les principales figures d’opposition et de construction, comprendre comment elles organisent les mots et les idées, et interpréter leurs effets.
2. Les figures d’opposition
Elles rapprochent des mots ou des idées contraires afin de mettre en évidence un contraste, un conflit ou un paradoxe.
- L’antithèse : rapproche deux idées opposées. Exemple : « Certains rient, d’autres pleurent. »
- L’oxymore : associe dans un même groupe de mots deux termes contradictoires. Exemple : « une obscure clarté ».
- L’antiphrase : exprime une idée en disant le contraire de ce que l’on veut faire comprendre, souvent avec une intention ironique. Exemple, devant un travail raté : « Voilà un travail magnifique ! »
- Le paradoxe : énonce une idée qui semble contraire à l’opinion commune, mais invite à réfléchir. Exemple : « Pour gagner du temps, il faut parfois en perdre. »
3. Les figures de construction
Elles jouent sur l’ordre, la disposition ou la structure des mots et des propositions.
- Le parallélisme : répète une structure grammaticale semblable. Exemple : « Il aime lire, elle aime écrire. »
- Le chiasme : organise les éléments selon une structure croisée ABBA. Exemple : « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
- L’ellipse : supprime un élément que le contexte permet de comprendre. Exemple : « Lui à gauche, moi à droite. »
- L’asyndète : supprime les mots de liaison entre des éléments successifs. Exemple : « Il arrive, regarde, repart. »
- La polysyndète : multiplie volontairement les mots de liaison. Exemple : « Et la pluie et le vent et le froid nous accompagnaient. »
4. Distinguer les figures
L’antithèse oppose des idées ; l’oxymore unit des termes contradictoires dans un même groupe ; l’antiphrase repose sur un décalage ironique entre les mots et l’intention. Le parallélisme répète une structure semblable, tandis que le chiasme croise l’ordre des éléments. L’asyndète supprime des liens ; la polysyndète les multiplie.
5. Méthode d’analyse
- Relever les mots opposés ou la structure remarquable.
- Nommer la figure en justifiant son identification.
- Expliquer ce qui est opposé, répété, croisé, omis ou relié.
- Interpréter l’effet : contraste, ironie, rythme, insistance, équilibre ou mise en valeur d’une idée.
6. Exercices
Exercice 1. Identifiez la figure : a) « Il fait nuit dans mon cœur, le soleil brille dehors. » b) « Cette douce violence le bouleverse. » c) « Quelle ponctualité ! » dit-on à une personne arrivée très en retard. d) « Il parle peu, il agit beaucoup. » e) « Je suis venu, j’ai vu, j’ai compris. »
Exercice 2. Distinguez le parallélisme du chiasme et donnez un exemple pour chaque figure.
Exercice 3. Réécrivez « Il arrive et il observe et il repart » en utilisant une asyndète. Quel effet le changement peut-il produire ?
7. Corrigés
Exercice 1. a) antithèse ; b) oxymore ; c) antiphrase ironique ; d) antithèse ; e) asyndète (absence de conjonctions de coordination entre les propositions).
Exercice 2. Le parallélisme répète une construction semblable : « Tu avances avec courage, tu travailles avec patience. » Le chiasme croise les éléments : « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
Exercice 3. « Il arrive, observe, repart. » L’absence de conjonctions accélère le rythme et rend l’enchaînement plus rapide.
À retenir
Les figures d’opposition mettent en relief les contrastes et les contradictions. Les figures de construction produisent des effets grâce à l’organisation syntaxique, au rythme et à l’ordre des mots.




