Par la rédaction de LISONS.CI
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Le Prix Renaudot fête en 2026 son centenaire. Pour cette édition particulière, sa première sélection romanesque rassemble 17 titres, parmi lesquels figurent plusieurs écrivains dont les œuvres entretiennent un lien fort avec les histoires, les sociétés et les imaginaires africains ou afrodescendants. Parmi eux, les Camerounaises Hemley Boum et Osvalde Lewat, ainsi qu’Ananda Devi et Thélyson Orélien, occupent une place remarquée dans cette première étape du prix.
Quatre voix, quatre territoires littéraires
La sélection réunit des parcours et des univers très différents. Hemley Boum est retenue pour Nos vies sauvages, publié chez Gallimard. Osvalde Lewat figure pour Un corps indocile, paru aux éditions Philippe Rey. Ananda Devi est sélectionnée avec Chronique d’un royaume perdu, chez Grasset, tandis que Thélyson Orélien concourt avec C’était ça ou mourir, également publié chez Grasset.
Ces quatre présences ne composent pas un courant littéraire homogène. Elles montrent plutôt la diversité des trajectoires de la littérature francophone contemporaine : différentes origines, différentes expériences et différentes manières de transformer le réel en matière romanesque.
Le roman africain ne se limite plus à une géographie
Pour les lecteurs africains, l’intérêt de cette sélection dépasse la seule question d’un prix français. Elle permet d’observer la manière dont des écrivains issus de différents espaces francophones prennent place dans une conversation littéraire internationale.
Les œuvres contemporaines circulent aujourd’hui entre plusieurs territoires. Un roman peut être écrit depuis l’Afrique, publié par une maison européenne et lu simultanément en Afrique, dans les Caraïbes, en Europe ou au sein des diasporas. Cette circulation brouille les anciennes frontières entre « littérature africaine », « littérature française » et « littérature francophone ».
Un centenaire qui regarde la littérature d’aujourd’hui
Le Renaudot a été créé en 1926. Pour son édition du centenaire, le jury a retenu 17 romans lors de sa première sélection. La deuxième sélection doit être annoncée le 7 octobre, puis les finalistes le 28 octobre. Le lauréat ou la lauréate sera proclamé le 3 novembre 2026.
La présence de plusieurs écrivains africains et afrodescendants dans cette première liste constitue donc un point d’observation intéressant sur la place accordée aujourd’hui à ces littératures dans les grands rendez-vous éditoriaux internationaux.
Une visibilité qui ne résume pas les littératures africaines
Il convient toutefois de ne pas réduire la vitalité littéraire du continent à la présence de quelques auteurs dans les grands prix européens. En Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Sénégal, au Togo, en RDC et dans de nombreux autres pays, des écrivains, éditeurs, libraires, bibliothécaires et organisateurs de manifestations construisent quotidiennement leurs propres espaces de création et de lecture.
Le véritable enjeu est peut-être là : faire circuler les œuvres dans toutes les directions, afin que la reconnaissance internationale accompagne une dynamique éditoriale qui existe déjà sur le continent.
À l’occasion de son centenaire, le Renaudot offre ainsi une nouvelle fenêtre sur la diversité de la création francophone. Pour LISONS.CI, cette sélection est surtout l’occasion de rappeler que les littératures africaines et afrodescendantes ne constituent pas une périphérie de la littérature contemporaine : elles participent pleinement à son renouvellement.
Sources : sélection 2026 du Prix Renaudot et presse littéraire spécialisée, septembre 2026.



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